Adelin (Cécile Ramaekers)

Je pense que le soleil a dû me taper trop sur la tête, cet après-midi. Je vois tout jaune. Du jaune à perte de vue ! A gauche, à droite, en haut et en bas, rien que ça.
 
Pourtant, je me souviens que j'étais sur une route de campagne. Ais-je donc rêvé ? Etais-je donc à ce point concentré que je ne me suis pas rendu compte que je m'étais endormi en plein soleil ?
 
Même en sautant quelque peu, je ne vois rien à l'horizon. Pas une maison, pas une voiture, pas une route : rien !
 
Ma maman m'avait bien dit de ne pas trop m'éloigner, mais qu'y puis-je ? La nature, cette dame si jolie, ce soleil si resplendissant, ce ciel bleu si azur... tous ils m'invitaient à me balader avec eux.
Et me voilà, ici, en dessous de ces immenses montagnes jaunes. Je me sens si petit, ridiculement petit. Je ne sais pas où aller, c'est partout la même chose. Je me sens seul, j'ai peur.

 


 
Adelin était complètement perdu. Il commençait à paniquer quand il trébucha sur une sorte de racine. A cet endroit, la terre était toute sèche et des craquelures étaient apparues.
Il commençait à avoir soif et sa chute l'avait encore davantage affaibli.
Il se reposait un instant, contemplait à regard perdu les quelques minuscules insectes travailler comme des bêtes. La file indienne des fourmis allant et repartant au même endroit, eut raison de sa fatigue. Il finit par s'endormir, doucement, inconsciemment.
 
Les rêves merveilleux envahissaient rapidement sa tête. Ses songes prenaient contrôle de toutes ses pensées.
Il rêvait que des oiseaux lui chantaient le chemin qu'il fallait prendre pour retrouver sa maman. Il rêvait que les montagnes jaunes se courbaient et lui parlaient. Soudain, ces montagnes prenaient un visage. Un bon gros visage tout rond, tout jaune, apparaissait ; dix, puis cent puis cinq cents visages le regardaient et lui parlaient d'une douce voix huileuse. Sur ces visages, des sortes de pétales jaunes flamboyants se dressaient, telle une chevelure dansant dans le vent. Un petit nez tout crollé et des millions d'yeux orange adoucissaient ces géants.
Adelin était rassuré. Il était sûr et certain de bientôt retrouver son chemin.
 
Il fut soudain réveillé par un coup de patte. Une patte toute poilue, un museau tout humide et une langue bien familière le ramenaient à la réalité du terrier. Quelques gorgées du bon lait de maman, et il était fin prêt à explorer enfin le monde.
 
Toute cette histoire n'était qu'un vilain rêve, se dit-il en se secouant la tête.
 
Adelin, le petit lapin, se réveille en étirant tout son corps. Il sort à petits bonds de son terrier et là, en face de ses petits yeux tout noisette, un immense champ de tournesols se dresse face à lui !
 
C'est sûr, jamais il ne s'aventurera par là.
 




Google

Imaginair V2 - Copyright © 2005 Bosseaux Michel





présent sur bonWeb.com    Classement de sites - Inscrivez le vôtre!      www.preferencement.com


Ce site est inscrit aux anneaux web suivants

Anneau francophone des ateliers d'écriture
[ Join Now | Ring Hub | Random | << Prev | Next >> ]
 

La Chaîne Littéraire
La Chaîne Littéraire
[ Join Now | Ring Hub | Random | << Prev | Next >> ]


© 2001-2004 WebRing Inc. - Help - Browse WebRing
 
 
Cercle Littéraire
Le Cercle Littéraire
[ Joindre | Liste des sites | Site au hasard | << Précédent | Suivant >> ]